Vendredi 5 février 2010
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"Au milieu de l'océan des indes, prince des poètes, il est une île filaos que tu ne peux oublier"
Léon Dierx
Il était évident que je ne pouvais passer par ici et demeurer insensible à l'architecture des cases créoles ainsi qu'aux couleurs qui les revêtent.
Il semblerait que le peu d'intérêt porté pendant de nombreuses années aux modes de construction locaux ait pris fin et que dorénavant un réel plan de sauvegarde du patrimoine bâti de l'île soit mis
en place. Un peu tard bien sûr mais il est important à mon sens de sauver ce qui peut encore l'être pour garder une identité à cette île.
Les premiers habitants avaient construits leurs habitations avec les matériaux trouvés sur place: ajoupas, armature bois et couverture en branchages. On pouvait trouver la "kaz en paye" jusque vers
les années 1950.
Les colons, qui venaient de la mer, utilisèrent les techniques qu'ils connaissaient et donc appliquèrent la construction navale à l'élaboration de leur habitat: toits à quatre pentes comme
les coques, planches horizontales, des bardeaux (planchettes de bois) comme couverture.
Ils attachèrent beaucoup d'importance à la décoration. Des couleurs vives, des lambrequins (frises) et autour de la maison le plus souvent une varangue c'est à dire une véranda ouverte dont le nom
provient d'une pièce qui servait à consolider le fond d'un navire.
L'agrandissement de la case se fera au fil des ans. L'habitat rural se construit encore de cette façon.
Avec et parfois sans étage, les maisons de planteurs sont la visibilité de la société coloniale ainsi que nous l'avons vu dans le billet sur la maison Desbassyns.
Elles sont souvent dans la verdure et dominent la plantation.
On peut cependant remarquer que la structure de base de la maison créole est reprise avec quelques enrichissements.
Les maisons bourgeoises quant à elles, décorées avec raffinement, sont là pour afficher le statut social de leur possesseur. Remarquons la maison à Saint Denis dans laquelle Raymond Barre a passé
les dix huit premières années de sa vie .
Varangues, stores, essences précieuses....
Cependant une chaleur plus qu'insupportable dans Saint Denis car nous sommes aujourd'hui en vigilance fortes pluies de force 8. Mon banc pourrait bien voir s'envoler sa mousse cette nuit. Même pas
peur....de toutes façons maintenant je suis là! Et puis force 8 pour un touriste parisien comme moi ça ne veut dire grand chose à part que pour la plage déjà c'est foutu.......
Si la case créole a su faire le dos rond face à tous les coups de butoir il n'y a pas de raison que je ne résiste pas.
Il est amusant de noter que toute maison ici s'appelle case, de la plus simple à la plus somptueuse.
La case devient peu à peu demeure mais jamais ...château!
A la fin du XIXème à la suite d'une épidémie de paludisme qui sévit sur le littoral les bourgeois créoles se font construire des villas de "changement d'air" dans les hauts . Ces demeures aux
proportions un peu moins imposantes font le charme de la plaine des palmistes ou de l'ancien village thermal de Hell-bourg.
Il est amusant d'exercer son oeil à les différencier car chaque partie de l'île a cependant un style qui lui est propre.
De Salazie à Cilaos, de la plaine des cafres à la saline les hauts...... des styles partout spécifiques cela du peut être aussi aux différences de températures suivant les altitudes.
Bientôt temps pour nous d'une petite halte pour se rafraichir.....et se restaurer.
J'ai quelques regrets de ne pas rentrer par bateau car j'ai aperçu au petit marché quelques bocaux à épices d'environ 60cms de hauteur qui auraient fait mon bonheur.
Même si le curry et le safran ne sont sont pas ceux les plus utilisés dans la cuisine picarde...
........J'ai fait aussi une nouvelle rencontre:
Et au fait j'ai même croisé sur l'île Bourbon des papillons improblables....
Mais pour être honnête celui ci était posé sur mon énorme glace goyavier-fruits de la passion chez igloo rue Jean Chatel.......
Et puis de grands bouquets de fleurs exotiques que je serais bien en peine de vous nommer pour ne jamais les avoir rencontré auparavant.
A bientôt.
Christian.
Par le banc moussu
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Mercredi 3 février 2010
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04:53
Aujourd'hui, comme prévu, un départ plus que matinal vers le piton de la fournaise. 2h30 de route depuis Saint Gilles jusqu'au pas de Bellecombe, porte du volcan.
Celà nous a donné l'occasion de voir le soleil se lever peu à peu sur la mer à droite et la montagne à gauche. La nouvelle route jusqu'au Tampon était magnifique puis nous avons traversé des
villages aux noms surprenants: "le quatorzième kilomètre", "le vingt troisième kilomètre"...Pour arriver à la plaine des cafres sous une luminosité incroyable.
Cet endroit tient son nom des nombreux cafres (noirs) qui y trouvèrent refuge. Un climat difficile ici où il gèle parfois en hiver et également un aspect
incroyablement européen. J'y ai même croisé mes belles vaches picardes!
Ces terres furent longtemps celles des "petits blancs", fermiers démunis, cow boys créoles qui élevaient leur bétail. C'est ici
que nous avons fait halte pour enfiler des vêtements un peu plus chauds car nous sommes quand même déjà à 1500m d'altitude.....et pas le moindre petit café-croissant à l'horizon!
Vite une pétition pour sauver le banc moussu de la diète forcée!
C'est à jeun que nous reprenons donc la voiture vers la plaine des sables.
Un paysage grandiose s'ouvre devant nous au détour de la route.....lunaire!
Je pense que ceux qui connaissent ne me contrediront pas il s'agit vraiment d'une île intense et rien n'est éxagéré.
Quelques kilomètres plus tard arrivée au pas de Bellecombe.
Un premier regard époustouflant vers le volcan...
La fournaise est un volcan de type Hawaïen, dit basaltique, qui présente peu de dangers contrairement aux volcans de type strombolique.
La lave s'écoule épaisse et se déverse...en principe....à l'intérieur.
Cependant des éruptions hors enclos eurent lieu par deux fois au XXème siècle la lave atteignant piton Sainte Rose en 1977 et Takamaka en 1986.
Ces dernières années le volcan fut particulièrement actif. L'éruption de 2007 a duré près de un mois.. Déclarée le 2 avril à 10h la coulée de lave de 50m de hauteur a
coupé la RN2 à 15h30.
Une grande balade et le soleil sur la lave a bien attaqué la mousse du banc. Après quelques heures nous repartons vers le deuxième but de notre journée: la forêt de
Bébour Bélouve avec une petite halte au nez de boeuf (2065m) pour une vue plongeante sur la saignée de la rivière des remparts et une rencontre charmante avec un petit personnage tout frétillant et
peu farouche.....mais a t'il ici des prédateurs pour l'effrayer?
Les plateaux de Bébour Bélouve constituent un réservoir forestier où nous sommes venus prendre un peu de fraicheur après la chaleur du soleil sur la roche
volcanique.
De grandes promenades à faire dans ce site naturel protégé parcouru par de nombreux sentiers balisés.
Il s'agit ici d'une forêt humide d'altitude parsemée de tamarins recouverts de mousse et de lichens. Un fouillis végétal: orchidées, fougères, vacoas,
arums......
Sur le chemin du retour vers un peu de repos mérité sur la plage nous avons croisé sur le bord des routes des mers d'hortensias bleus, des ipomées à l'assaut des
arbres, des nuées de plumbagos du cap......inoui!.....
Mais il est temps pour moi de prendre un peu de couleur bien que le ciel se soit assombri en fin d'après midi à cause d'une tempête sur les mascareignes qui devrait
sous peu atteindre nos côtes....Mais bon pour l'instant rien à l'horizon!
Il me faut maintenant vous présenter un nouvel ami réunionnais qui par son énergie m'en fait beaucoup baver....Un petit
cardinal.
Car comment photographier cet énergumène qui est constamment en mouvement et qui en se rassemblant sur les arbres les fait ressembler à des flamboyants.
Il semblerait que ce filou est rouge vif en ce moment mais va bientôt devenir jaune.....C'est-on moqué de moi pauv' zoreille? Je ne le pense pas.......
A bientôt.
Christian.
Par le banc moussu
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Dimanche 31 janvier 2010
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31
/01
/2010
04:06
nous nous lançons aujourd'hui dans une expérience inédite: un civet de zourites (poulpes) qu'il
va nous falloir dégluer? et battre?.........Pas fait encore! Heureusement que la dodo lé la pour nous donner un peu de courage mais un banc moussu ne recule devant rien!
Une recette (on verra!) qui sera testée après nous être gorgés de couleurs, de senteurs..... et de chaleur au marché de Saint Paul .
Que pourrais je ajouter à ces images sans abuser de superlatifs...et risquer de vous ennuyer.
Tous les sens sont en éveil ici, envie de goûter,de toucher, de sentir....le paradis pour un épicurien!
Et puis des rêves de langueur créole assoupis à l'ombre d'une varangue.
Je me suis bien sûr laissé tenter par quelques petits plaisirs en plus des légumes, de la pâte de combava car même à Paris j'ai un peu de mal à en trouver.
Et aussi un peu de douceur......
Mais il va falloir nous lancer dans ce fameux civet de zourite plus moyen de reculer!
Nous l'accompagnerons à l'apéritif d'un vin de Cilaos, un des trois cirques de l'île avec Mafate et Salazie. Dés le début de la colonisation la vigne est présente sur l'île. Vers 1860 le cépage
Isabelle qui se révèle adapté au climat est planté mais sa haute teneur en alcool ethylique qui agit sur le système nerveux le fait interdire en 1975. Des cépages nobles sont alors introduits: Le
chenin, le malbec et le pinot noir. Depuis la fin des années 80 des producteurs cilaosiens mettent en place une viticulture moderne et le "chai de cilaos" produit sur une douzaine d'hectares une
gamme de vins blancs, rosés et rouges. Les vendanges se font maintenant chaque année en janvier-février et produisent un vin marqué par son terroir basaltique.
J'espère que nous réussirons aussi bien cette recette que Rosa qui est devenu un peu notre cantine du midi où nous savourons des marlins coco, caris poulet, bol
renversés etc...
En dessert une tatin de mangues josé au caramel vanillé.
Il est nécessaire que nous prenions des forces car demain c'est réveil 4h d'ici (1h à Paris) pour aller au piton de la fournaise: le volcan. Dure mais superbe journée en prévision....enfin dure...si vous voyez ce que je veux dire!
A bientôt.
Christian.
Par le banc moussu
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