Face à mon incompétence en informatique et à la mort quasi certaine de mon ordi en coma profond mon petit netbook a décidé d'y mettre du sien et de m'aider à vous emmener depuis le pont des arts jusqu'à la rue de Seine...comme promis..
J'aime à chaque fois que je passe sur cette passerelle noter l'extension que prend cette coutume récente d'y accrocher des cadenas afin de sceller son amour. Mais qui a mis le premier? C'est la question que je me pose à chaque fois...Et qui a jeté la première pièce dans la fontaine? Et qui de la poule ou de l'oeuf?.......Non je m'égare çela n'a rien à voir...

Nous traverserons donc ce pont pour nous diriger en face vers l'institut de France que nous apercevons et passer par la petite porte à droite qui mène directement à la rue de Seine.

Et aboutir au charmant petit square qui se trouve juste sur la face arrière de l'institut au bord du chemin du pré aux clercs, nom que portait la première partie de la rue de seine au XIIIème siècle.
J'aime emprunter ce passage qui symbolise pour moi le passage de la rive droite à la rive gauche et j'aime ensuite parcourir la rue de Seine qui me mène au
boulevard Saint Germain à travers les galeries d'art qui représentent les courants nouveaux en peinture, photograhies , croiser les petits cafés aux discussions animées, les laveurs de vitrines,
les livreurs...C'est tellement ça Paris!

La partie de l'institut qui se trouve sur la rue de seine est sur l'emplacement de l'ancien hôtel de Nesles. Il fait face aux n° 2 à 10 de cette rue où se trouvait le palais de la reine Margot.
Marguerite de Valois, première femme de Henri IV, lorqu'elle quitte l'hôtel de Sens achète 26 arpents au lieu dit la grenouillère c'est à dire tout le terrain situé entre la rue de seine, Visconti, Jacob, et Saints pères et fait construire un majestueux palais par Jean Autissier.
Elle vécut dans cet hôtel neuf ans jusqu'à sa mort en 1615. Elle tenait ici une cour où elle mélait voluptés et dévotions. Elle se targuait d'avoir toujours quelques galanteries, d'être vue à la messe et de ne jamais payer ses dettes...Elle légua cet hôtel à Louis XIII qui le vendit à cinq financiers pour régler les dettes de la défunte.
En poursuivant notre chemin nous arrivons au 14, emplacement de l'hôtel de la rochefoucauld. Cet hôtel après maintes vicissitudes servit finalement d'entrepôt de marchandises et un bain public occupa l'appartement où le duc de Rohan-Chabot avait un cabinet de peintures et de minéralogies réputé.

Quelques pièces restées intactes furent louées à David (1807), Talma ( 1806-1807). Il fut démoli en 1825.
Sur notre route bien sûr de nombreux galeristes réputés.

Mon heure préférée pour parcourir ce quartier reste et restera toujours le milieu de la matinée quand le monde de l'art prend son petit déjeuner à "la palette" le café-restaurant à l'angle de la rue jacques Callot, quand les tableaux solidement emballés partent vers les quatre coins du monde et que les négociations se tiennent en toutes langues entre deux croissants.

Reprendre enfin la route après cette petite pause.
Au 26, nous apercevons le cabaret du petit Maure créé en 1618 il était le lieu de rendez vous des vaillants buveurs;
Plus trace du moindre verre d'absinthe pour accompagner mon croissant cependant..
Il appartenait en 1661 à un ami du sieur de Saint-Amand, un des premiers académiciens, qui y fut amené après avoir été roué de coups sur le pont neuf pour avoir raillé M. le Prince dans une chanson. Il y mourut deux jours après.
Quelques années plus tard, en 1831, c'est une femme à la forte personnalité qui vient s'installer au 31 avec sa fille après son divorce.
Georges Sand est alors agée de 27 ans et pour se créér des ressources elle fait des traductions, peint des tabatières et fait des portraits à l'aquarelle. C'est à cette époque que, pour être plus libre, elle s'habilla en homme.
Au 41, c'est Armande Béjart que nous trouvons. Elle vient y demeurer lorque après la mort de Molière la troupe vient s'installer rue Mazarine. Les façades et toitures sont classées. Nous remarquerons les deux mansardes à poulie, les frises et ferronneries.
Dans la grande cour, une galerie qui expose des bronzes remarquables.
Face au café de "la palette" au 36, vous remarquerez le mascaron au dessus du portail ainsi que la pompe à eau dans la cour.
N'omettez pas bien sûr de jeter un regard sur votre droite dans l'étroite rue de l'échaudé.
Nous arrivons maintenant face à un de mes immeubles préférés de ce quartier...sûrement l'effet glycine et verdure, le provincial est bien présent en moi..
Il s'agit ici d'un hôtel du XVIIIème siècle où habita Beaudelaire après avoir vécu au 27.
Oui chez moi ce serait la fenêtre avec la glycine..Remarquez j'ai déjà la glycine..il ne manque donc que Beaudelaire finalement mais détournez votre regard de cette si jolie façade et retournez vous, je tiens à vous montrer aussi un très beau magasin d'antiquités qui ne peut que vous attirer: Paul Ollivary.
Je vous fais languir.....
Si vous regardez sur votre plan vous êtes ici à deux pas de la place Furstenberg, du magasin Flamant et de tous les éditeurs de tissus mais peut être en ferons nous le tour une autre fois.
Pour l'instant et pour l'anecdote remarquez au 65 ce petit immeuble avec une seule fenêtre par étage.
Et qui fait face à cet autre qui n'en compte pas moins de 12.
J'adore le vestibule directoire bleu grisé poudré.
Nous arrivons au niveau de la rue de Buci et de tous ses commerces de bouche.
Tiens justement quelques pas plus loin toujours dans la rue de Seine chez Grom, un de mes glaciers, c'est "marron glacé" le parfum du jour. Comment resister?
Le temps de s'essuyer la commissure des lêvres afin d'enlever toute trace de mon péché de gourmandise et nous voilà au croisement avec le boulevard Saint Germain.
Encore un petit effort nous traversons le boulevard et arrivons à la fin de la rue de Seine qui devient en son croisement avec la rue Saint Sulpice, la rue de Tournon. Mais attendez un instant car vous pensez bien que je n'ai pas fait tous ces efforts juste pour le simple plaisir de fureter le nez en l'air. Nous devons aller jusqu'au but ultime de cette balade.

Car je voulais vous montrer cette galerie qui expose Serge Poliakoff........Voilà que maintenant après le péché de gourmandise je me mets à mentir....ça ne va pas du tout, ressaisis toi Christian!
En fait c'est au 89 que depuis le début je désire me rendre..
Vous pensez bien que je ne pouvais repartir le palais en peine après tout ce chemin parcouru.
Je méritais bien ces petites récompenses
A bientôt.
Christian.
Je file apprécier sans tarder avec Blog le chien ce joli colis qui nous arrive du sud-est. Merci!

Ajout du 22 avril:
Il semblerait d'après Paola une lectrice Italienne que la coutume des cadenas viendrait d'un roman de Federico Moccia dans lequel Step et Gin durant leur histoire
d'amour attachent le leur au troisième reverbère du ponte Milvio. Ce qui par la suite créa quelques troubles face à l'ampleur que prit la chose.

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